Le vêtement magique

Pauvre école publique.. la voici avec un quatrième ministre depuis 2022.

Conditions d’apprentissage très dégradées, crise du recrutement, le service public de l’éducation va mal, très mal.  Parmi les remèdes avancés par le gouvernement, le port de l’uniforme pour les élèves, renommé plus positivement « tenue unique » puis « tenue commune ».

Mais qui peut croire qu’une telle mesure ait un effet quelconque pour améliorer les conditions d’enseignement, et favoriser la réussite des élèves ?  

On entend tout et n’importe quoi sur le « retour » de l’uniforme, qui va de pair avec un discours sur l’école d’autrefois, très idéalisée.

L’uniforme, rappelons-le, n’a jamais eu cours en France, sauf dans les lycées napoléoniens. Si les élèves des écoles portaient des « blouses », elles étaient toutes différentes et avaient pour but de protéger les vêtements contre les taches d’encre, fréquentes à l’époque où les écoliers utilisaient les plumes « sergent major » et les encriers insérés dans leurs pupitres… C’est donc une version mythique de l’école d’autrefois qu’on essaye là de nous vendre.

La droite et l’extrême-droite ont souvent prôné le port de l’uniforme à l’école. « L’uniforme a depuis toujours été utilisé pour symboliser un lien d’appartenance. Il n’est pas une panacée mais un outil permettant de gommer symboliquement les différences sociales, religieuses et ethniques», selon la proposition de loi déposée en 2013 par les sénateurs UMP…

Un uniforme unique pour toutes les écoles ou des différences selon les établissements ? Car il y a là contradiction. Si ce qui est visé, c’est « l’appartenance à notre communauté nationale et à la République française », on ne peut proposer que chaque établissement ait son propre uniforme : on tombe alors dans un « communautarisme » d’établissement.

L’uniforme à l’école serait censé rétablir l’autorité, résoudre les problèmes de discipline, limiter les atteintes à la laïcité et le harcèlement, voire même réduire les inégalités sociales. Les études scientifiques sur le sujet sont pourtant loin de lui attribuer de telles vertus. Les études existantes relèvent plutôt l’absence d’effets bénéfiques. Même Gabriel Attal ne semble pas trop y croire, lui qui déclare : « Je ne suis pas sûr que ce soit une solution miracle qui permette de régler tous les problèmes, mais elle mérite d’être testée. » Quant à l’actuelle ministre de l’Éducation, elle se déclarait opposée à l’uniforme… avant d’être nommée..

On sait que là où il y a uniforme obligatoire, beaucoup se distinguent par d’autres moyens matériels et y parviennent facilement.

Après l’annonce de l’expérimentation début décembre 2023 par Gabriel Attal, qui était alors ministre de l’Éducation nationale, une centaine environ d’établissements scolaires se sont portés volontaires dans toute la France. C’est déjà très peu. Mais alors que la clôture des candidatures était prévue le 15 février, elle vient d’être repoussée en juin. Une quinzaine de communes auraient déjà fait marche arrière, tant la mesure est loin de faire l’unanimité. Élèves, parents, enseignants ne sont pas tous emballés.

Le coût de la généralisation de l’uniforme cette mesure se chiffrerait en milliards d’euros : 12 millions d’élèves, avec un coût estimé à 200 euros par élève partagé entre État et collectivités.

De l’argent gaspillé pour des effets d’annonce et de communication ?

Sans compter toutes les contraintes pratiques : combien d’uniformes par enfant, quand on sait que les écoliers du primaire par exemple ne reviennent pas toujours de récréation avec des vêtements indemnes ? Que fera-t-on d’un élève qui arrive sans uniforme ? Que sera-t-il prévu pour les enfants qui grandissent beaucoup, ce qui est quand même le principe même de l’enfant ?

Franceinfo rapporte ainsi les propos de parents d’élèves d’une école du nord : « Si la mairie a de l’argent à dépenser, qu’elle finance des cartables, des trousses et des fournitures scolaires, ce serait de la vraie égalité sociale. Nous opposons à cette opération les véritables moyens dont nous avons besoin pour défendre le service public d’éducation : l’augmentation de l’enveloppe pour les sorties, pour la découverte de musées ou de sites historiques, pour des livres, pour des enseignants supplémentaires et des remplaçants, pour une cantine gratuite pour tous les enfants. Il y a tant à faire pour nos enfants.« 

Et oui, il y a tant à faire ! Et si au lieu de chercher à « invisibiliser » les inégalités, à « gommer symboliquement les différences », on cherchait plutôt à donner à l’école publique les moyens de les combattre pour de bon ? L’école française, on le sait, non seulement ne réduit pas les inégalités sociales, mais les conforte. Le fait qu’il y ait de moins en moins d’adultes dans les écoles, infirmières, surveillants, personnel de service, médecins scolaires, psychologues, AESH, enseignants spécialisés, Rased.. et que les effectifs des classes soient parmi les plus lourds d’Europe, pèse très négativement sur le « climat scolaire », la violence et le harcèlement. C’est sur cela qu’il faut agir.        

Si fondamentalement l’uniforme ne changera rien au problème, on sait par contre que le recrutement d’enseignants pour moins d’élèves par classe, ou l’annulation des 650 fermetures de postes prévues pour la rentrée 2024 dans le 1er degré coûterait bien moins cher et aurait un impact avéré sur la réussite des élèves.

Parler de l’uniforme, c’est occulter tout le reste. Une proposition anecdotique, inefficace, mais qui plaît à la droite et son extrême. Béziers ne s’est-elle pas précipitée pour faire enfiler l’uniforme à ses élèves ? Les essayages y sont déjà en cours…

Sur la Lune

Gaza : près de 30 000 morts, dont 70% sont des femmes et des enfants.

Près de 70 000 blessés, des milliers de disparus.

17 000 enfants sont séparés de leur famille. Un million d’enfants sont touchés par la guerre. La bande de Gaza est aujourd’hui l’endroit le plus dangereux au monde pour un enfant.

2,2 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire.

90 % de la population est en situation d’insécurité alimentaire aiguë.

L’eau et l’électricité sont coupés, le traitement des eaux usées est suspendu. Les hôpitaux sont débordés, le système de santé effondré. Deux tiers des hôpitaux ne fonctionnent plus.

Pour les familles de Gaza, la menace de mourir de faim est officielle.

Source : Unicef

« On attend autre chose des États que des discours humanitaires ! « a tout récemment déclaré « Médecins du monde ». Médecins du Monde estime que les gouvernements européens  « à l’exception de celui de l’Espagne ou de la Belgique, notamment, s’alignent sur le récit radical d’Israël « , selon lequel « tout le monde, à Gaza, est responsable, et donc, d’une certaine manière, tout le monde peut mourir « .

Médecins du Monde dénonce des « bombardements indiscriminés ; des quartiers entiers rasés ; 80 % de la population déplacée ; une aide alimentaire qui ne peut pratiquement pas rentrer ; des poches de famine ; un défaut d’accès à l’eau potable ; une médecine de guerre obligée de faire le tri des blessés ; des centaines d’employés des Nations unies et d’acteurs humanitaires tués.« 

Face à ce désastre annoncé depuis cinq mois, que fait la communauté internationale ? Devant la menace d’une attaque de Rafah, où un million et  demi de Palestiniens sont désormais piégés après avoir fui le nord de Gaza, les déclarations changent quelque peu. Il est temps !

L’opération à Rafah provoque un coup de sang du chef de la diplomatie européenne :  » Ils vont aller où ? Sur la Lune ? «  a déclaré Josep Borrell, haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, qui a aussi critiqué la vente d’armes à l’armée israélienne. Même E. Macron s’inquiète du « désastre humanitaire sans précédent » que provoquerait une offensive sur Rafah.

La gauche française appelle, elle,  à saisir la Cour pénale internationale pour prévenir un « risque de génocide » à Gaza

Soixante-six députés communistes, insoumis et écologistes ont déposé à l’Assemblée nationale, une proposition de résolution visant à saisir la Cour pénale internationale (CPI) afin de prévenir un  » risque de génocide » et pour enquêter sur les crimes de guerre commis par le Hamas le 7 octobre 2023.

Alors que l’Afrique du Sud a saisi, en décembre, la Cour internationale de justice (CIJ) d’une requête visant Israël pour  » actes de génocide » dans la bande de Gaza, Elsa Faucillon, députée PCF des Hauts-de-Seine, insiste : « Le dépôt de cette résolution, c’est un appel aux actes pour la France. Nous sommes inquiets face aux risques génocidaires, à Gaza, à Rafah et dans toute la Palestine. L’urgence est de pousser notre pays à agir pour stopper le carnage qui est en cours. »

Pour éviter que le crime de génocide n’advienne, s’il n’est pas déjà en cours, il faut des mesures dissuasives. Saisir la CPI est une mesure dissuasive. « La Cour pénale internationale a des possibilités d’agir, de récolter des preuves et c’est absolument nécessaire. Mais elle peut aussi sanctionner et identifier les responsables. »

Les preuves seront difficiles à réunir. Plusieurs dizaines de journalistes palestiniens sont morts depuis le mois d’octobre et de nombreux autres ont vu leur matériel détruit. La CPI mène une investigation suite à une plainte de « Reporters sans frontières », qui estime qu’à Gaza, les journalistes sont spécifiquement ciblés pour empêcher toute documentation.

Et nos frères pourtant

80 ans jour pour jour après l’exécution des résistants de son groupe par les nazis au Mont-Valérien,  Missak Manouchian entrera au Panthéon avec sa femme Mélinée, le 21 février 2024.

Missak et Mélinée Manouchian reposent actuellement au cimetière d’Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. La veille, dans la nuit du 20 au 21 février, le cercueil de Missak Manouchian passera sa dernière nuit hors du Panthéon dans la crypte du mémorial de la France combattante, pour une  veillée funéraire symbolique au Mont-Valérien. Les restes du combattant FTP-MOI accomplira le même parcours que le jour de son exécution : « Il entrera par le haut, passera devant la chapelle où il se serait confessé avant de descendre dans la clairière ».

Le lendemain 21 février, jour de la panthéonisation, l’Élysée a prévu une cérémonie d’une heure trente. Le cercueil de Missak Manouchian remontera la rue Soufflot vers 18h30, couvert d’un drapeau français et porté par un régiment « lié à Manouchian ».  

Un parcours lumineux bleu blanc rouge pavera le chemin du résistant pour illustrer les trois grandes périodes de sa vie : le génocide arménien, l’arrivée en France et la Résistance.

Au pied du Panthéon, est prévu un spectacle son et lumière. La garde républicaine montera les marches jusque sous la coupole et Emmanuel Macron prononcera l’oraison funèbre de Missak Manouchian devant son cercueil. Seront présents journalistes, scolaires et personnalités notamment issues de la communauté arménienne en France, comme Robert Guédiguian, réalisateur de L’Armée du crime qui retrace l’histoire du groupe Manouchian, ou encore le premier ministre de l’Arménie Nikol Pachinian.

C’est Arthur Téboul, leader du groupe Feu! Chatterton, qui reprendra « Strophes pour se souvenir », fameux poème d’Aragon mis en musique par Léo Ferré dans « L’affiche rouge ».

À l’issue de la cérémonie, vers 20 heures, les restes du couple Manouchian rejoindront le caveau numéro XIII de la crypte du Panthéon. À l’entrée, une plaque sera installée en l’honneur de leurs 22 autres camarades FTP-MOI ainsi que de leur chef Joseph Epstein. Il s’agit de l’entrée symbolique de l’ensemble du groupe Manouchian dans le sanctuaire de la République. « Cela vaut panthéonisation », d’après l’Élysée. Trois vers d’Aragon et un morceau de la dernière missive de Missak y seront également gravés.

Le PCF sera bien évidemment présent dans cet événement, qui rend-enfin- hommage au rôle majeur joué par les étrangers dans la Résistance, et à la résistance communiste, jusqu’ici absente du Panthéon.

Les 20 et 21 février 2024, différents événements se tiendront au siège du PCF, place du Colonel Fabien : tables rondes, débats, conférences, concerts..

Le 20 février, place du Colonel-Fabien, une soirée mettra à l’honneur Manouchian poète, avec le concours de la revue Europe, avant de donner la parole à artistes, auteurs et historiens qui ont Missak au cœur, de Didier Daeninckx à Serge Wolikow en passant par Gérard Streiff.

Le 21 février, les communistes seront présents en nombre pour cette journée d’hommage national.

Le mercredi 21 février, à partir de 16 heures, rassemblement et hommage aux 23 FTP-MOI de l’Affiche Rouge, co-organisé par le PCF et la CGT, devant le 11 rue Plaisance dans le 14è arrondissement de Paris, qui fut la dernière planque de Missak Manouchian.

Fabien Roussel et Sophie Binet y prendront la parole.

Qui a cru à l’ilot de fraicheur ?

Réunion de quartier ce mardi 6 février 2024 à l’école Raymond Logeais. Une occasion que je ne rate jamais d’entendre les avis et préoccupations des habitants !

Ce soir, une assemblée assez fournie, rajeunie, ce qui se ressentira dans les questions au maire. Les sempiternelles remarques sur le stationnement et la circulation laisseront cette fois place à des sujets habituellement peu traités lors de ces rencontres.

On n’échappe pas en préambule au traditionnel exposé sur la « marche exploratoire » qui précède de quelques jours la réunion. Un intitulé bien ambitieux ! Cela se résume finalement à une visite du quartier par le maire et ses services, accompagnés des membres du groupe de quartier, pour relever les problèmes de voirie, propreté et espaces verts. Rien de fondamental n’émerge jamais de cette « exploration », qui se réduit à un état des lieux de l’espace public.

On remarque vite que contrairement aux années précédentes, il n’y a plus de présentation de projets municipaux. On se contentera cette année de courtes informations sur la mutuelle communale, le projet de « ressourcerie sportive », et le passage de la flamme olympique…  sujets qui d’ailleurs n’appellent pas de commentaires ni de questions du public.

Seule la très succincte présentation des travaux concernant l’école maternelle Raymond Logeais provoque un échange avec la salle. 80 000€ sont prévus pour ce qui nous avait été annoncé comme la réalisation d’un ilot de fraicheur. Attardons-nous un peu sur ce point. Depuis longtemps, nous avons alerté sur le sujet des cours d’école, véritables « ilots de chaleur » car très bétonnés, avec insuffisamment d’arbres et de verdure. Le dérèglement climatique fait que les périodes de forte chaleur y sont difficilement supportables. D’autre part, les aménagements classiques donnant une large part au terrain de foot au détriment de toute autre activité des élèves, sont aujourd’hui dépassés. Cela a fait l’objet de notre part de questions diverses au Conseil municipal notamment, et nous avons soulevé le problème lors des débats budgétaires. L‘ensemble des cours de nos 14 écoles devrait à notre sens, faire l’objet d’un réaménagement important : dés-imperméabilisation des sols et plantations pour des espaces rafraichis, plus agréables au quotidien et mieux partagés. Cela pourrait faire l’objet d’une concertation approfondie de la communauté éducative. Le projet municipal concernant l’école maternelle Raymond Logeais est aux antipodes : il s’agit finalement, nous l’apprenons en réunion de quartier, de l’implantation d’un auvent du type de celui existant dans la cour de l’école élémentaire, sur quatre piliers, destiné à protéger des intempéries, mais peu de la chaleur. Quant à « l’ilot de fraicheur » vanté par la ville, il semble ne s’agir que de la plantation de trois arbres… Regrettons ici le manque total de concertation et même d’information, puisqu’aucune réunion de la commission scolaire n’a eu lieu depuis septembre, sur ce sujet comme sur quoi que ce soit d’autre concernant le domaine scolaire.

Le débat étant lancé sur les écoles, des parents d’élèves présents soulèvent alors le problème des toilettes scolaires ! Toilettes trop peu nombreuses car le groupe scolaire a vu ces dernières années ses effectifs s’alourdir considérablement, et relativement vétustes. De plus, les parents y constatent, ici comme dans l’ensemble des écoles gratiennoises, un problème de nettoyage insuffisant. Une question sur laquelle nous sommes également intervenus à plusieurs reprises au Conseil municipal. Notre proposition : un état des lieux dans les 14 écoles, et un plan de rénovation en fonction des urgences. Dans l’immédiat, il faudrait un nettoyage en cours de journée. Ces toilettes sont fréquentées par de nombreux enfants (220 élèves par exemple à Raymond Logeais élémentaire) et on comprend bien la nécessité d’un coup de serpillière sur le temps de midi.. Sauf que la ville vient de repasser un marché avec une société de nettoyage pour les écoles (mais curieusement, pas pour la mairie, où continue d’œuvrer du personnel communal..) Dans ce contrat, rien ne prévoit un deuxième nettoyage des locaux en cours de journée. Le maire nous assure d’ailleurs qu’il n’en est pas question, puisqu’il chiffre le montant de cette éventuelle prestation supplémentaire à une augmentation de 5 ou 6% des impôts locaux ! Nous ne manquerons pas de le réinterroger sur cette évaluation, qui parait bien étonnante.  

Le sujet des encombrements automobiles et de la vitesse excessive constatée aux heures d’entrée et de sortie des élèves de l’école revient également dans la discussion. Problème hélas présent devant la plupart des écoles. Là aussi, c’est un sujet sur lequel nous avons plusieurs fois interpellé la ville : relance des dispositifs de pédibus, rues scolaires, c’est-à-dire fermées à la circulation aux heures où les élèves entrent et sortent des locaux.. ces solutions ont été mises en place dans des villes voisines. C’est possible, à condition de prendre cette question au sérieux. Elle n’est pas anecdotique. En dehors des soucis de pollution et des risques d’accidents, il y a aussi le fait que des enfants qui viennent à vélo ou à pied sont plus à même de commencer leur journée d’école dans de bonnes conditions que ceux qui sont véhiculés. L’exercice physique a des répercussions positives sur les apprentissages !

Je pose la question de l’évolution des effectifs de l’école Logeais, qui compte à présent 9 classes élémentaires. Or, les locaux n’ont pas été prévus pour une telle fréquentation. Ni les salles de classe (une supplémentaire a dû être aménagée dans les anciens locaux de la gardienne), ni la cour, ni le préau ne sont extensibles et tous ces espaces sont actuellement bien (trop ?) occupés. Peut-être aurait-il mieux fallu que les enfants habitant les nouveaux immeubles côté gare, soient affectés dans les écoles des Raguenets qui pouvaient les accueillir sans difficulté, au lieu de leur faire traverser la D14 pour se rendre à Logeais ? La mixité sociale y aurait aussi gagné. D’autre part, les élèves de ces immeubles étant dirigés ensuite vers le collège Jean Zay, il aurait été cohérent qu’ils fassent leur scolarité primaire dans les écoles du secteur de ce collège.

On apprend avec plaisir que la grève du 1er février des personnels de l’éducation nationale, enseignants, animateurs, Atsem..  a été tellement bien suivie que la ville s’est trouvée dans l’incapacité de mettre en place le service minimum d’accueil pour toutes les écoles… après l’avoir pourtant annoncé aux parents.

Autre sujet abordé , celui de la collecte des « bio-déchets ». Ce n’est pas sans poser de nombreuses questions. Le maire rappelle le dispositif de collecteurs mis en place aux Raguenets et Marais, mais estime plutôt négatif cette obligation pour les collectivités. En effet, le ramassage de ces déchets organiques suppose un nouveau passage de camions roulant au diesel. Les déchets sont acheminés dans une usine de méthanisation éloignée de notre territoire, et cette technique laisse un substrat très pollué, dont nous nous débarrassons… à l’étranger ! On aurait effectivement pensé que cette nouvelle collecte de déchets aurait été mieux réfléchie avant d’être imposée aux collectivités.

Autre pollution dont se préoccupe l’assemblée : celle des mégots jetés dans l’espace public, en quantité impressionnante. Sujet, là encore, que nous avons largement contribué à mettre en lumière ! Deux années de suite, nous avons collecté et apporté au Conseil municipal des quantités importants de mégots ramassés devant les commerces du centre-ville. Depuis 2020, nous rappelons régulièrement ce problème à la majorité municipale. L’affaire semble enfin avancer, puisqu’un partenariat se met en place avec la société « Tchao mégot » pour une collecte et un recyclage de ce déchet, petit mais extrêmement polluant.

Un habitant s’inquiète de savoir si la taxe foncière augmentera encore, après la hausse de +14% du taux communal en 2023. Le maire invoque bien évidemment les difficultés budgétaires des communes, l’augmentation du Smic, et l’absence de bouclier tarifaire des collectivités face à l’envolée des tarifs de l’énergie. Bouclier réclamé au niveau local, mais que les élus LR, dont une certaine sénatrice, refuseront de voter quand les communistes en présenteront le principe au Sénat.. ce dernier point n’étant évidemment pas évoqué par notre édile.  

Le maire est ensuite interrogé sur les travaux de la passerelle au-dessus des voies du RER C, ouvrage communal actuellement condamné et tellement délabré qu’il devra être démonté. Cette opération pourrait se réaliser en avril à l‘occasion d’arrêts de circulation des trains pour travaux fixés par la SNCF en vue des Jeux Olympiques. D’autre part, la ville étudie en partenariat avec la SNCF la possibilité de permettre le passage des habitants qui ne possèderaient pas de titre de transport, via un système de tickets délivrés par la mairie. Parfait ! Nous avions suggéré ce système, puisque la fermeture de la passerelle complique fortement la circulation -importante- des piétons entre le centre-ville et les Raguenets.

Je pose quant à moi la question de la rénovation du centre de loisirs Fossiez. Ce bâtiment, pavillon individuel à l’origine, n’est guère adapté à l’accueil de groupes d’enfants et n’a jamais connu de travaux depuis très longtemps. Surprise ! Ce sujet qui ne figurait pas dans le programme 2020 de la majorité, pourrait être étudié plus tôt que prévu avant la fin de la mandature et consister en une reconstruction complète. Il est temps quand on connaît l’état du bâtiment. Reste à connaître plus précisément ce qui sera envisagé. On sait que derrière de belles promesses peuvent se cacher des déconvenues. L’ilot de fraicheur tant vanté de Raymond Logeais, devenu simple auvent protégeant de la pluie, en est la preuve.    

Missak au Panthéon

Ils étaient 20 et 3 quand les fusils fleurirent
20 et 3 qui donnaient leurs cœurs avant le temps
20 et 3 étrangers et nos frères pourtant
20 et 3 amoureux de vivre à en mourir
20 et 3 qui criaient la France en s’abattant

« Vous avez hérité la nationalité française, nous l’avons méritée.»

Missak Manouchian

Missak Manouchian, figure de la Résistance, « un homme à la gueule de métèque, communiste et apatride, poète et ouvrier », comme l’écrit « Libération », entrera au Panthéon avec sa femme Mélinée, le 21 février prochain.

C’est un événement d’importance dans l’histoire de notre nation. À la place qui est la sienne, le Parti communiste français organisera plusieurs hommages pour accompagner la panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian.

Missak Manouchian, arménien d’origine, en France depuis 1924, adhère au PCF en 1934. Il intègre la Main d’œuvre immigrée (MOI), structure créée par le Parti communiste pour encadrer les immigrés et les réfugiés arrivés en France dès la fin de la Première Guerre mondiale. En février 1943, il est affecté à l’organisation clandestine « Francs-tireurs et partisans-Main d’œuvre immigrée » (FTP-MOI – branche militaire de la MOI). C’est alors le seul groupe résistant à mener des actions de lutte armée contre l’occupant à Paris.

Les groupes de Manouchian mènent une trentaine d’opérations armées, dont notamment l’attentat  contre le général allemand Julius Ritter, responsable en France de la réquisition de la main d’œuvre pour le Service du travail obligatoire.

En novembre 1943, Missak Manouchian est arrêté par la police française, livré aux occupants. Dans les jours qui suivent, les groupes des FTP-MOI sont massivement arrêtés. Tous sont condamnés à mort après un procès expéditif très médiatisé.

« L’ affiche rouge »,  xénophobe et antisémite qui vise à décrédibiliser l’action de ces résistants étrangers en les désignant comme « l’armée du crime »,  est placardée à plusieurs milliers d’exemplaires dans Paris occupé. Mais au lieu de provoquer la peur, elle éveille plutôt des manifestations de sympathie pour ces résistants.

Le 21 février 1944, les vingt-deux hommes du groupe des condamnés à mort sont fusillés au Mont-Valérien. Olga Bancic est décapitée en Allemagne en mai 1944.

Une plaque avec les 23 noms du groupe Manouchian sera apposée au Panthéon. De nombreuses initiatives vont rendre hommage aux résistants FTP-MOI de l’Affiche rouge. On y revient ici bientôt.

Les faits d’armes de Manouchian et de ses camarades ont été portés à l’écran notamment par Frank Cassenti dans L’Affiche rouge (1976, prix Jean Vigo) et Robert Guédiguian, L’Armée du crime (2009). L’auteur Didier Daeninckx lui a consacré un roman Missak (2009), ainsi qu’un album jeune public, Missak, l’enfant de l’affiche rouge (2009), illustré par Laurent Corvaisier. Jean-David Morvan et Thomas Tcherkézian ont conçu la bande dessinée Missak, Mélinée et le groupe Manouchian, les fusillés de l’Affiche rouge (2024).

Le logement n’est pas une simple marchandise

« Gabriel Attal insulte la mémoire de l’abbé Pierre en attaquant la loi SRU » 

À l’occasion du 70è anniversaire de l’appel de l’abbé Pierre contre le mal-logement, le sénateur communiste Ian Brossat dénonce dans une tribune les récentes prises de position de Gabriel Attal.

La Fondation Abbé Pierre publie également aujourd’hui même son rapport sur l’état du mal logement en France. On y revient.

Faire appliquer la loi SRU, c’était l’ultime combat de l’abbé Pierre en 2006, juste avant sa mort. 70 ans après son appel du 1er février 1954, Gabriel Attal a annoncé remettre en cause la loi SRU en incorporant dans le calcul du taux les logements intermédiaires. Cette décision est une insulte à la mémoire l’abbé Pierre.

La loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) est l’acte législatif majeur du début du siècle. Elle a été adoptée à l’initiative du ministre communiste du logement Jean-Claude Gayssot et nous célébrions en décembre son 23e anniversaire.

En imposant avec ce texte aux communes une proportion minimale de logements sociaux sur leur territoire, la gauche au pouvoir a changé de nombreuses vies. Sa mise en œuvre a permis des investissements de grande ampleur en faveur du logement abordable notamment dans les zones tendues. Ainsi, à Paris le nombre de logements sociaux est passé de 150 000 en 2001 (13 %) à 275 000 en 2023 (25 %).

Malgré les premières contestations, l’obligation de produire du logement social est largement acceptée. Ces combats sont devenus majoritaires.

Comment vouloir le contraire quand la France compte 330 000 sans-abri, que 3000 enfants dorment dehors tous les soirs, que le nombre de ménages en attente d’un logement social n’a jamais été aussi élevé (2,42 millions) et que l’accès à la propriété pour les classes moyennes n’a jamais été aussi faible et inégalitaire socialement ?

Pourtant, le Premier ministre a annoncé lors de sa déclaration de politique générale une attaque inédite contre l’article 55 de la loi SRU, en amoindrissant ses exigences. Intégrer les logements intermédiaires dans la loi SRU met fin à l’obligation de construire du logement social.

Cette proposition, qui ne réglera en rien le retard pris pour la construction du logement social, va renforcer les ségrégations territoriales en fragilisant le respect de la loi SRU au lieu d’accroître la pression sur les communes hors la loi, carencées en logements sociaux. C’est un cadeau fait aux maires réticents puisqu’ils amélioreront leurs chiffres sans faire d’efforts sur ce même logement social.

Cette décision ne va pas augmenter la quantité de logements intermédiaires. Elle va juste, par effet d’aubaine, diminuer la production de logements sociaux. Bon nombre de maires voyous vont voir leur situation « régularisée » par cette réforme. Elle va leur faciliter la tâche, sapant ainsi l’ordre républicain. Changer la norme contraignante sur le logement social au lieu de la respecter n’est pas la voie à suivre.

Cette annonce, aussi honteuse qu’irresponsable, est un affront pour les préfets et les nombreux maires respectant la loi SRU depuis deux décennies, ainsi qu’une trahison envers les Français modestes.

La loi SRU équilibre la production de logements sociaux, elle met fin aux ghettos de riches, à l’entre-soi de l’argent.

La moitié des communes concernées n’appliquent pas la loi SRU ? Ce n’est pas grave, Gabriel Attal trifouille la loi pour préserver l’entre-soi bourgeois. Rachida Dati, maire de l’arrondissement parisien qui compte le moins de logements sociaux fustigeait d’ailleurs à son tour ce mercredi sur France Inter la loi SRU. Elle irait contre « la mixité sociale » et concentrerait « les difficultés aux mêmes endroits ».

Or, cette loi permet justement l’inverse. Elle équilibre la production de logements sociaux, elle met fin aux ghettos de riches, à l’entre-soi de l’argent qui persuade certains qu’ils peuvent échapper à toute règle de solidarité sociale. Surtout, refuser de construire du logement social revient à refuser de loger ceux qui font tourner nos territoires.

Le Premier ministre fait le choix d’une réforme inopportune alors que rien n’est proposé pour accélérer la production de logements sociaux. Le soutien au logement intermédiaire ne répond pas aux besoins de la majorité des classes moyennes. Aujourd’hui, seuls 3 % des ménages en attente de logement social y sont éligibles compte tenu de leurs ressources.

Encore une fois, les 2,6 millions de demandeurs de logements sociaux sont la variable d’ajustement d’une politique de désengagement de l’État.

Pour contrer la pénurie de logements, il est essentiel de renverser la logique libérale. Le logement n’est pas une simple marchandise. Il doit être une priorité budgétaire de l’État et des collectivités. En unissant nos forces, nous pouvons préserver l’héritage de l’abbé Pierre et construire un avenir où le logement décent est un droit pour tous.

Un minimum de mixité

Depuis sa nomination comme ministre de ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse, des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques (ouf), Amélie Oudéa-Castéra défraie la chronique et suscite par ses propos diverses polémiques. On s’en tiendra ici à ce qui concerne le monde de l’éducation : dénigrement de l’école publique qu’elle est censée défendre, mensonges sur les absences des enseignants de l’école publique brièvement fréquentée par un de ses enfants, enfants qui sont à présent élèves d’un établissement privé catholique et rétrograde dans le VIe arrondissement de Paris… une école pour le moins sulfureuse puisque, bien que profitant largement de financements publics, elle est mise en cause pour ses dérives homophobes et sexistes et ses pratiques éducatives non conformes avec la loi.

Cette prise de fonction chaotique relance, entre autres, le débat sur la mixité sociale dans les écoles privées. Chacun sait que leur bon taux de réussite est étroitement lié au fait que contrairement au public qui accueille tous les élèves, le privé peut choisir qui il reçoit, et ne s’en prive pas.

« Il y a un mensonge dans ce que dit la ministre, et on comprend que ce qui a motivé son choix, c’est un refus de la mixité sociale et un désir politique de cultiver une forme d’entre-soi », considère Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine. Avec Ian Brossat, élu sénateur en septembre dernier, Pierre Ouzoulias a déposé une proposition de loi qui vise à demander aux établissements privés d’assurer un minimum de mixité sociale contre l’octroi de subventions publiques.

En avril 2023, Pierre Ouzoulias avait déposé cette proposition de loi pour « autoriser la puissance publique à conditionner les subventions accordées aux établissements privés sous contrat à des critères de mixité sociale et scolaire ».

Ce texte devrait être présenté au Sénat lors de la niche parlementaire du groupe communiste, le 21 mars prochain.

En effet, les établissements privés sont financés à quasi 75 % par des fonds publics qui proviennent de l’État et des collectivités territoriales. Aujourd’hui, c’est l’État qui finance les salaires des enseignants, et ce sont les collectivités locales qui contribuent aux frais de fonctionnement des établissements privés. Pierre Ouzoulias précise qu’il « respecte le choix individuel des parents » de scolariser leurs enfants dans le privé mais qu’il trouve « anormal que l’argent public aille dans les mêmes proportions aux établissements qui font le choix politique et économique de la non-mixité et les établissements publics. »

Il insiste néanmoins sur le fait qu’Amélie Oudéa-Castéra n’est pas la première ministre de l’Éducation à scolariser ses enfants dans une école privée. Lors de sa nomination Pap Ndiaye avait été critiqué parce que ses deux enfants étaient inscrits à l’école Alsacienne, un établissement privé laïque du VIe arrondissement de Paris. « Sauf qu’il avait eu une attitude rigoureusement inverse de celle d’Amélie Oudéa-Castéra, rappelle Pierre Ouzoulias. Dès qu’il est entré en fonction, il dit que le problème fondamental de l’école, c’était la mixité sociale alors que la nouvelle ministre dit que l’école publique est pourrie ! »

Pierre Ouzoulias fait d’ailleurs partie des parlementaires qui demandent la démission de la ministre. « Après ses propos, je ne vois pas comment elle peut convaincre les enseignants du public qu’elle veut développer l’école publique. C’est la ministre de l’enseignement privé », dénonce-t-il. Le sénateur estime que « cela montre que pour elle, l’enseignement n’est plus une mission de l’État mais un système concurrentiel. C’est une conception profondément antirépublicaine parce que l’école est un endroit où on donne les mêmes droits aux élèves quel que soit leur milieu social. »

Le 1er février, les enseignant·es et personnels de l’éducation seront en grève. On revient bientôt sur cette journée. Nul doute que les déclarations de la nouvelle ministre, dénigrant l’école publique au profit du privé, seront rappelées à cette occasion.

Photos des écoles de Saint Gratien

Utiles !

En avant-première, notre expression « libre » (mais toutefois contrainte à 1333 signes, signature comprise…) dans le magazine municipal dont la distribution débutera ce week-end de fin janvier. Nous avons choisi de revenir sur les propositions que nous avons avancées au Conseil municipal de décembre 2023. Des élu·es constructif·ves, utiles !

Tribune libre des élus « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »  Magazine municipal de janvier 2024

Notre rôle d’élus de la minorité, au-delà d’être des lanceurs d’alertes sur la gestion de la ville (voir notre précédente tribune) est aussi de faire des propositions constructives. Voici celles développées au dernier Conseil municipal.

Passerelle de la gare 

Équipement municipal essentiel pour relier les Raguenets et le centre-ville, la passerelle au-dessus des voies SNCF est si délabrée qu’elle devra être démontée. Nous proposons de l’élargir, de la couvrir, d’y adjoindre une pente douce pour pouvoir monter vélo, poussette, caddie.

D’ici sa reconstruction, nous suggérons que des contremarques soient données par la SNCF ou la mairie aux personnes désirant traverser sans posséder de titre de transport.

Marché municipal 

La gestion du concessionnaire est un échec. Même le maire en convient.

Pour sauver le marché, lieu convivial, nous avons proposé la création d’une commission municipale d’enquête pour le relancer ou le reprendre en régie directe.

Écoles 

Les cours bétonnées des écoles sont des ilots de chaleur. Elles doivent toutes être végétalisées.
Un diagnostic est également impératif (hygiène, climat scolaire) pour un plan de rénovation dans l’ensemble des toilettes scolaires.

Tous nos vœux pour 2024 et d’abord de paix !

I. Volat, S. Bauer

FB : saintgratiensolidaireecologiqueetcitoyen

Blog : isabellevolat.fr