Les députés GDR (Gauche démocrate et républicaine) voteront la censure du budget de F. Bayrou.
Et au Sénat, que se passe-t-il ?
Opposés eux aussi au budget, les sénateurs du groupe CRCE-K défendent dix mesures alternatives. Pierre Barros, sénateur apparenté communiste du Val d‘Oise, co-signe à ce propos une tribune parue dans l’Humanité. À lire ci-dessous.
Les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale pour 2025 Attal-Barnier-Bayrou prévoient des coupes importantes dans les dépenses du budget de l’État et une baisse des moyens pour les services publics, les collectivités, la Sécurité sociale, déjà exsangues. Le refus de dégager de nouvelles recettes confine le débat parlementaire aux choix des dépenses à couper. Nous refusons cette parodie de démocratie.
C’est un autre budget que les groupes de la Gauche démocrate et républicaine de l’Assemblée nationale et du groupe Communiste républicain citoyen et écologiste – Kanaky du Sénat veulent proposer : un budget qui soit au service de la solidarité nationale et non au profit de quelques-uns, un budget qui crée une richesse vertueuse. C’est pourquoi nous venons de déposer une proposition de loi visant à instaurer diverses mesures d’urgence sociale et fiscale. Elles mettent en évidence que l’austérité pour tous est un choix politique et non une fatalité.
Face à l’urgence climatique et écologique, un sursaut est indispensable notamment dans les territoires dits ultramarins, en première ligne face aux conséquences du réchauffement climatique. Nous formulons dix propositions alternatives en faveur de la justice sociale : abrogation de la réforme des retraites, augmentation des salaires (Smic à 1 600 euros et salaires indexés sur l’inflation), évolution du traitement des fonctionnaires (point d’indice reconsidéré à + 10 %), revalorisation des pensions de retraite (fixation du montant minimum de retraite à 100 % du Smic net pour une carrière complète) et des minima sociaux à hauteur de + 10 %, amélioration du pouvoir d’achat des ménages (par un blocage des prix des loyers, des produits alimentaires…) et lutte contre la vie chère dans les territoires dits d’outre-mer (instauration d’un taux à 0 % pour les produits de première nécessité).
Dix propositions de justice fiscale viennent compléter le projet : lutte contre l’évasion fiscale grâce notamment à l’imposition des plus-values, mise à contribution des revenus du capital, doublement de la taxe sur les transactions financières, rétablissement de l’impôt sur les sociétés, abrogation des niches fiscales injustes, conditionnement des aides aux entreprises ou encore instauration de taxes sur les très hauts patrimoines.
Nous voulons aussi protéger les services publics et les collectivités locales par l’indexation de la dotation globale de fonctionnement des collectivités sur l’inflation. Ces propositions démontrent notre crédibilité financière.
L’enjeu consiste à sortir d’une société corsetée par la rente et l’héritage où l’accumulation stérile remplace l’élan collectif. Chaque fois, dans notre histoire, que les rentiers accumulent des sommes considérables, le pays s’appauvrit et les inégalités s’accentuent. C’est le respect du pacte social et fiscal que nous remettons au centre des débats afin que notre République et les valeurs universelles qui la fondent soient respectées.
Pierre Barros ; sénateur CRCE-K du Val-d’Oise, membre de la commission des Finances
Pascal Savoldelli ; sénateur CRCE-K du Val-de-Marne, vice-président de la commission des Finances