17 octobre 1961 : des dizaines de milliers d’Algériens sortent dans Paris, depuis les proches banlieues, pour manifester pacifiquement à l’appel de la Fédération de France du Front de libération nationale, le FLN. Ils veulent protester contre le couvre-feu instauré par le préfet de police de l’époque : Maurice Papon. Un couvre-feu discriminatoire puisqu’il ne vise que les seuls « Français musulmans d’Algérie ».
On le sait, les manifestants vont être littéralement massacrés par la police française, au pont de Neuilly, à Argenteuil, dans le métro, sur le pont Saint-Michel…. Jetés à la Seine, matraqués, exécutés sommairement…
En plein Paris, c’est une véritable chasse au faciès qui va se dérouler. Une immense rafle qui aboutira à 12 000 personnes arrêtées en quelques heures.
Selon les historiens, près de 200 personnes ont été assassinées, criblées de balles ou jetées dans la Seine, par les bien mal nommées « forces de l’ordre ». Aucune suite n’a jamais été donnée aux nombreuses plaintes déposées.
Aujourd’hui il est grand temps que ce massacre soit reconnu comme un crime d’État. Cette énorme « ratonnade » a bel et bien été préparée et exécutée par la préfecture de police sous les ordres du gouvernement. En 2012, François Hollande a reconnu la répression sanglante. En 2021, Emmanuel Macron a explicitement déclaré que les crimes « inexcusables pour la République » avaient été commis cette nuit-là « sous l’autorité de Maurice Papon ».
Mais la responsabilité du massacre ne peut être imputée au seul préfet de police Papon, quelle que soit l’ignominie bien connue du personnage. Le crime d’État doit être reconnu, et il ne faut plus hésiter à nommer le contexte de guerre coloniale et de racisme.