Depuis sa nomination comme ministre de ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse, des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques (ouf), Amélie Oudéa-Castéra défraie la chronique et suscite par ses propos diverses polémiques. On s’en tiendra ici à ce qui concerne le monde de l’éducation : dénigrement de l’école publique qu’elle est censée défendre, mensonges sur les absences des enseignants de l’école publique brièvement fréquentée par un de ses enfants, enfants qui sont à présent élèves d’un établissement privé catholique et rétrograde dans le VIe arrondissement de Paris… une école pour le moins sulfureuse puisque, bien que profitant largement de financements publics, elle est mise en cause pour ses dérives homophobes et sexistes et ses pratiques éducatives non conformes avec la loi.
Cette prise de fonction chaotique relance, entre autres, le débat sur la mixité sociale dans les écoles privées. Chacun sait que leur bon taux de réussite est étroitement lié au fait que contrairement au public qui accueille tous les élèves, le privé peut choisir qui il reçoit, et ne s’en prive pas.
« Il y a un mensonge dans ce que dit la ministre, et on comprend que ce qui a motivé son choix, c’est un refus de la mixité sociale et un désir politique de cultiver une forme d’entre-soi », considère Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine. Avec Ian Brossat, élu sénateur en septembre dernier, Pierre Ouzoulias a déposé une proposition de loi qui vise à demander aux établissements privés d’assurer un minimum de mixité sociale contre l’octroi de subventions publiques.
En avril 2023, Pierre Ouzoulias avait déposé cette proposition de loi pour « autoriser la puissance publique à conditionner les subventions accordées aux établissements privés sous contrat à des critères de mixité sociale et scolaire ».
Ce texte devrait être présenté au Sénat lors de la niche parlementaire du groupe communiste, le 21 mars prochain.
En effet, les établissements privés sont financés à quasi 75 % par des fonds publics qui proviennent de l’État et des collectivités territoriales. Aujourd’hui, c’est l’État qui finance les salaires des enseignants, et ce sont les collectivités locales qui contribuent aux frais de fonctionnement des établissements privés. Pierre Ouzoulias précise qu’il « respecte le choix individuel des parents » de scolariser leurs enfants dans le privé mais qu’il trouve « anormal que l’argent public aille dans les mêmes proportions aux établissements qui font le choix politique et économique de la non-mixité et les établissements publics. »
Il insiste néanmoins sur le fait qu’Amélie Oudéa-Castéra n’est pas la première ministre de l’Éducation à scolariser ses enfants dans une école privée. Lors de sa nomination Pap Ndiaye avait été critiqué parce que ses deux enfants étaient inscrits à l’école Alsacienne, un établissement privé laïque du VIe arrondissement de Paris. « Sauf qu’il avait eu une attitude rigoureusement inverse de celle d’Amélie Oudéa-Castéra, rappelle Pierre Ouzoulias. Dès qu’il est entré en fonction, il dit que le problème fondamental de l’école, c’était la mixité sociale alors que la nouvelle ministre dit que l’école publique est pourrie ! »
Pierre Ouzoulias fait d’ailleurs partie des parlementaires qui demandent la démission de la ministre. « Après ses propos, je ne vois pas comment elle peut convaincre les enseignants du public qu’elle veut développer l’école publique. C’est la ministre de l’enseignement privé », dénonce-t-il. Le sénateur estime que « cela montre que pour elle, l’enseignement n’est plus une mission de l’État mais un système concurrentiel. C’est une conception profondément antirépublicaine parce que l’école est un endroit où on donne les mêmes droits aux élèves quel que soit leur milieu social. »
Le 1er février, les enseignant·es et personnels de l’éducation seront en grève. On revient bientôt sur cette journée. Nul doute que les déclarations de la nouvelle ministre, dénigrant l’école publique au profit du privé, seront rappelées à cette occasion.
Photos des écoles de Saint Gratien
https://www.leparisien.fr/societe/enseignants-40-de-grevistes-attendus-dans-les-ecoles-en-france-selon-le-principal-syndicat-30-01-2024-TV4FRIDCYZBTLFFGHYQEOG6ZKY.php
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https://www.francetvinfo.fr/economie/immobilier/immobilier-indigne/parc-hlm-sature-record-d-expulsions-enfants-a-la-rue-la-bombe-sociale-du-logement-a-explose-alerte-la-fondation-abbe-pierre_6334186.html
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MANIFESTATION DES ENSEIGNANTS /
https://actu.orange.fr/politique/amp-quot-extremement-en-colere-amp-quot-les-enseignants-dans-la-rue-pour-defendre-l-ecole-publique-CNT000002bZW2C.html
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« On sait que ça ne marche pas, mais ils s’en fichent car eux, leurs enfants, ils sont dans le privé à Stanislas ».
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Gaston, lui, nous faisait rire…
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