Le centre municipal de santé, une idée moderne (4)

À l’heure où nos villes connaissent une certaine pénurie de médecins, et donc une difficulté d’accès aux soins pour de nombreuses personnes, revient en force l’idée des centres municipaux de santé. Il existe dans notre département plusieurs centres de santé. Lors de la dernière fête de l’Humanité, nous avons réuni pour un débat des professionnels de santé et des élus, impliqués directement dans ces structures. Voici les échanges qui ont eu lieu à cette occasion.

débat fête 13

Débat sur les centres de santé municipaux – Fête de l’humanité 

Espace coopératif 95 – samedi 14 septembre 2019

Intervenants

-Pierre Barros, maire de Fosses, où vient de s’ouvrir récemment un centre de santé

-Florelle Prio, maire-adjointe de Bezons, où une telle structure existe depuis longtemps

-Jean-Pierre Deschamps, prothésiste dentaire dans un centre de santé d’Argenteuil

-Docteur Guirec Loyer, Directeur des Services de Santé et de Prévention, Médecin Directeur des Centres Municipaux de Santé à Gennevilliers

-Alain Feuchot, responsable du PCF 95

Animation du débat : Isabelle Volat

I.V. : Vous avez bien montré le fonctionnement d’un centre de santé. C’est très innovant en matière de prévention, de travail en collaboration avec d’autres organismes. Est-ce que dans vos villes, vous avez essayé aussi d’associer les citoyens, la population au projet du centre de santé et à son fonctionnement et de quelle manière ?

F.P.: Sur Bezons, il n’y a pas de comité d’usagers, pas de structure qui travaille là-dessus, mais à Gennevilliers, il y a matière.

G.L. : Le président du comité des usagers des services de santé de Gennevilliers est reçu deux fois par an avec les membres de son association. On les associe au projet de santé. On va rentrer de nouveau dans une démarche d’enquête de satisfaction. C’est valorisé aujourd’hui par l’ARS qui a prévu un label pour les structures qui ont créé de quoi associer à la gouvernance. C’est important de faire rentrer les usagers, ce n’est pas toujours simple. Souvent, on a non pas des comités d’usagers mais des comités de sauvegarde du centre de santé quand il est menacé. Ce n’est jamais bon signe ! Mais à Gennevilliers, on a cette particularité d’avoir un comité d’usagers très actif.

I.V. : À l’approche des élections municipales de 2020, comment fait-on pour susciter de nouvelles envies de projets de centres de santé dans les villes, notamment du Val d’Oise mais aussi au-delà… Contacter la fédération des centres de santé certainement ? Se rapprocher des villes qui ont déjà une expérience pour en profiter ? D’autres choses ?

P.B.: Ce qui est intéressant quand on monte un centre de santé, c’est qu’on va aller chercher des partenariats, des idées, des modes de fonctionnement, on apprend en allant chez les autres. D’autres sont venus nous voir parce qu’il y avait une expérience. En général, c’est un peu médiatisé et on a déjà eu cinq ou six contacts qui sont venus nous voir, de territoires assez proches. Nous diffusons les documents à qui veut les récupérer, on donne des rendez-vous. On est là, c’est aussi une responsabilité quand est sur un outil comme ça, d’essayer de la faire partager au mieux possible, de façon à ce que ça fasse des petits. Ensuite, chacun monte son expérience avec son tissu, avec ses partenaires, avec son projet politique. Mais c’est aussi la responsabilité des villes qui portent des centres municipaux de santé, dans le cadre de la fédération des centres de santé, cela fait partie du job d’expliquer aux gens qui sont intéressés par cette expérience-là, de donner des clés, et de rentrer dans la communauté que cela forme. C’est une façon de concevoir, de tisser ce réseau d’acteurs. C’est un beau sujet à partager.

F.P.: Dans la perspective des municipales, cela peut être au cœur d’un projet parce qu’on peut parler non seulement d’une ville et d’une offre de santé mais d’une « ville en santé ». C’est un thème qui est tellement transversal, on peut y agglomérer des politiques sur des sujets complètement différents : le sport, la jeunesse, les personnes âgées, l’environnement, la façon dont on conçoit l’urbanisme dans nos villes. Il y a de passerelles très fortes avec la santé. Quand on parle des modes de déplacement, on parle de santé. Quand on parle de prévention cardio-vasculaire, c’est une question éminemment pointée sur la santé, mais dedans, il y a des questions d’urbanisme et d’environnement. Il faut le voir sous cet angle-là, une ouverture très large. Également, quand on a un centre de santé, c’est un outil, on peut travailler avec la restauration collective de la ville pour améliorer les repas, plus équilibrés, des choix de produits, et s’engager dans la lutte contre l’obésité qui est un fléau aujourd’hui pour nos populations, surtout dans les quartiers défavorisés où l’on sait que c’est prégnant. Donc je pense que c’est important de ne pas se limiter à «santé», offre de soins, accès aux soins et curatif. Il y a aussi tout cet aspect-là qui est très large et qui est essentiel.

débat fête 14A.F. : Je reviens sur l’expérience de Cergy, de la liste conduite par une communiste. Le rapport des forces aux élections municipales ne nous donnait pas un iota de chance d’être présent au deuxième tour, et c’est parce qu’on a porté un tel projet qu’il y a eu rassemblement au deuxième tour avec la liste socialiste et que ce projet est maintenant complètement construit. Comme quoi, c’est vecteur de rassemblement, et ce type de sujet, ça se travaille en amont. Il y a matière à travailler pour construire des listes de large rassemblement avec les citoyens, avec les usagers, et donc porter un projet politique très fort. Ces expériences-là, sont différentes, de périodes différentes, entre le centre de santé de Bezons qui va être bientôt centenaire, celui de Marly-Fosses qui a six mois, Gennevilliers c’est aussi une autre histoire. Mais il y a un commun dans l’organisation et dans le partage de tels projets. Cela permet de créer des mouvements d’opinions larges, favorables,  qui permettent de progresser et d’avoir des outils modernes pour l’ensemble des populations, qui souvent sont en très grande souffrance. Par exemple, cela a explosé à Argenteuil : la question de l’obésité. Avec une campagne de plusieurs mois qui explique qu’il faut être bronzé, filiforme, alors qu’on sait très bien que ce n’est pas comme ça qu’on va régler les problèmes. Là, il y a une vraie offre nouvelle qui peut permettre à une population en grande difficulté une prise en charge globale.

I.V. : Merci beaucoup de toutes ces pistes qui sont très riches. Les centres de santé portent mal leur nom car ils sont bien plus que des centres qui ne s’occupent que de santé, cela va effectivement bien au-delà. Merci à tous, on continue à échanger au bar de l’espace Val d’Oise.

 

4 réflexions sur “Le centre municipal de santé, une idée moderne (4)

  1. VONews

    Le Sénat adopte une loi interdisant le voile pour les accompagnants des sorties scolaires

    Portée par la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio (LR), le texte de loi visant à la « neutralité religieuse des personnes concourant au service public de l’éducation » a été adopté par le Sénat mardi soir. Elle ne devrait cependant pas entrer en vigueur, le gouvernement y étant hostile.

    Il aura fallut près de cinq heures de débat, hier, mardi 29 octobre pour que le Sénat adopte par 163 voix pour, 114 contres et 40 abstentions un projet de loi, visant à « assurer la neutralité religieuse des personnes concourant au service public de l’éducation ».

    Porté par la sénatrice du Val-d’Oise et ancienne maire de Saint-Gratien, ce texte vise à étendre l’interdiction des signes religieux ostensibles prévue par la loi de 2004, « aux personnes qui participent, y compris lors des sorties scolaires, aux activités liées à l’enseignement dans ou en dehors des établissements ». Une démarche qui vise à « protéger la laïcité républicaine et la liberté de conscience des élèves », selon les mots de l’élue.

    Un contexte explosif

    Si ce texte de loi a déposé par la sénatrice durant l’été, son adoption intervient dans un contexte explosif. Le 11 octobre dernier, une polémique est née suite à un incident au sein du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Ce jour-là, Julien Odoul conseiller régional du Rassemblement National avait réclamé d’une accompagnatrice d’un groupe d’enfants alors en sortie scolaire qu’elle retire son voile.

    Plus récemment, une sortie scolaire a été annulée à Creil, dans l’Oise. Pour cause, les pompiers l’ont refusée « au motif que deux accompagnatrices, parents d’élèves, portaient un voile », rapportait l’Agence France Presse le 15 octobre dernier. Depuis, le service départemental d’incendie et de secours de l’Oise, a prôné l’apaisement et évoqué « une erreur d’interprétation ».

    Un texte « contre-productif », selon le ministre de l’Education nationale

    Depuis, le sujet enflamme le débat public, entraînant des prises de positions de certains membres du gouvernement. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, estimait le 14 octobre dernier que si « la loi n’interdit pas aux femmes voilées d’accompagner les enfants », il ne fallait pas « pas encourager ce phénomène ». Plus récemment, celui-ci a néanmoins estimé que « les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires » et qu’un tel texte serait « contre-productif ».

    Adopté par le Sénat, ce texte de loi doit être adopté par l’Assemblée nationale pour entrer en vigueur. Un scénario peu probable dans la mesure où le gouvernement s’oppose à ce texte et que l’Assemblée nationale est constituée en majorité de députés du mouvement présidentiel, La République en Marche.

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  2. Le communiqué des élus PCF du Val de Marne :

    Le Sénat a adopté hier une proposition de loi du groupe Les Républicains visant notamment à interdire le port du voile pour les mamans accompagnatrices de sorties scolaires. Je salue les trois sénatrices et sénateurs de gauche du département, dont Laurence Cohen et Pascal Savoldelli, qui s’y sont opposés. Le vote de ce texte est un acte irresponsable et scandaleux.

    Irresponsable, au lendemain d’un attentat qui a visé la mosquée de Bayonne, et alors que l’on assiste à une banalisation inquiétante de discours racistes et islamophobes, dont l’estrade médiatique quotidienne offerte au multirécidiviste Eric Zemmour n’est que la partie immergée de l’iceberg.

    Comment ne pas voir que sous couvert de défense de la laïcité, cette proposition de loi
    participe à la stigmatisation de nos concitoyen.ne.s de confession musulmane ?

    Comment ne pas voir qu’elle contribue à une escalade qui installe un climat dangereux, dans lequel il est permis de tout dire et faire – jusqu’à prendre à partie violemment une maman d’élève dans l’enceinte d’un conseil régional ?

    Scandaleux, car cette interdiction, en plus de reposer sur une vision paternaliste consistant à décider à la place des femmes portant le voile ce qui est bon pour elles, aboutirait à les exclure alors que la République devrait rassembler.

    Elu.e.s de communes populaires, nous sommes les témoins quotidiens de l’engagement
    citoyen de ces femmes pour permettre les sorties scolaires dans lesquelles il n’y a jamais trop de parents accompagnateurs, mais aussi dans les associations, dans les maisons de quartier… bref, dans la vie démocratique, sociale et politique de nos quartiers. Elles ne représentent pas une menace pour la République !

    Si l’école de la République est en danger, ce ne sont pas les mamans accompagnatrices de sorties scolaires qui en sont responsables : c’est plutôt l’incurie du gouvernement et de ses politiques d’austérité dévastatrices, incapable de garantir le remplacement des enseignants même prévu à l’avance, d’assurer la présence d’AVS pour chaque enfant porteur de handicap, de reconnaître à sa juste valeur le métier d’enseignant.

    Nous devrions agir pour ouvrir l’école aux parents, plutôt que de la fermer à ceux qui s’y investissent !

    Nous appelons nos concitoyen.ne.s à refuser ces tentatives de division et demandons solennellement aux député.e.s de ne pas approuver cette proposition de loi, qui si elle était définitivement adoptée, instillerait dans le loi le poison du racisme.

    Pour les élu.e.s communistes et républicain.e.s du Val-de-Marne
    Romain Marchand
    Secrétaire général de l’ADECR 94

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  3. Pour la première fois, un tribunal administratif valide un arrêté antipesticides pris par un maire
    La préfecture des Hauts-de-Seine avait contesté la légalité des décisions de deux villes qui avaient interdit l’usage de pesticides sur leur territoire.
    Le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté, vendredi 8 novembre, la demande de suspension de deux arrêtés antipesticides pris par les mairies de Gennevilliers et Sceaux, dans les Hauts-de-Seine, au nom du « danger grave pour les populations exposées » à ces produits.
    Il s’agit d’une « première » en France, s’est félicité le maire de Gennevilliers, Patrice Leclerc. « C’est un encouragement pour celles et ceux qui luttent pour la santé des agriculteurs et de la population », a-t-il réagi, ajoutant cependant que « le combat n’est pas fini ». Se réjouissant de cette décision, Florence Presson, adjointe au maire de Sceaux, a estimé que cette décision « permet de faire jurisprudence, cela veut dire que toutes les villes qui ont pris ces arrêtés vont en bénéficier ».
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/08/pour-la-premiere-fois-un-tribunal-administratif-valide-un-arrete-antipesticides-pris-par-un-maire_6018494_3244.html

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