Soirée citoyenne aux Raguenets

Modeste retour sur la session du « grand débat national » qui s’est déroulée ce lundi 11 mars 2019 à Saint Gratien, au centre culturel Camille Claudel du quartier des Raguenets.

J’ai déjà relaté ici notre forte implication dans la tenue de cette soirée. Dès janvier, les trois élus de notre groupe municipal « Saint Gratien solidaire et citoyen » avaient fait connaître au maire leur volonté d’organiser une réunion dans le cadre du grand débat. Il nous a fallu attendre fin février pour enfin apprendre que la ville s’engageait dans cette démarche et avait fait la demande d’un animateur indépendant pour animer les échanges.

GDN 15Hélas ! C’est surtout le bouche à oreilles qui a fonctionné en ville pour faire connaître cette initiative car force est de constater que la communication municipale a été fort insuffisante : une affichette confidentielle sur quelques panneaux d’information en ville, deux lignes cachées derrière un modeste onglet sur le site de la ville, pas d’annonce sur la page Facebook de Saint Gratien. Est-ce là une réticence à s’engager dans le débat ? Hésitation à entrer dans un dispositif trop audacieux et trop éloigné des traditionnels jeux de questions/réponses des réunions de quartier ? La même frilosité, pour ne pas dire plus, qu’en Conseil municipal où les débats sont rapidement évacués ? Volonté affirmée de ne pas contribuer à un processus initié par la majorité présidentielle ? Le fait est que si les quatre élus minoritaires du Conseil étaient tous présents, un seul,  sur les 31 élus de la majorité, a participé au débat… Une telle absence massive ne peut être que délibérée. Pour ma part, je le regrette : les occasions d’échanger ne sont pas si fréquentes dans  notre ville, pour ne pas dire inexistantes. Et les participants à la réunion des Raguenets sont sortis plutôt satisfaits de leur soirée. Sans nous faire trop d’illusions sur les retombées nationales du grand débat, les possibilités de rencontres entre citoyens ne sont jamais à négliger. Notre participation visait à écouter, plus qu’à avancer nos propositions, car nous ne confondons pas grand débat et réunion du Front de Gauche. Cela ne nous a pas empêché d’intervenir, comme tout citoyen présent ce soir-là. GDN 2 

Rapide présentation du maire et de la députée en tout début de séance, qui ont ensuite quitté la salle sans vraiment rien apporter de plus, pour laisser la place à l’animateur. Merci à lui pour sa présence bienveillante et son organisation matérielle de remontées des opinions. Les participants, environ 70 personnes, se sont répartis en six tables, traitant chacune des quatre thèmes nationaux. Des Gratiennois de tous les quartiers, et de toutes opinions, qui ont d’emblée remarqué et regretté  le peu de présence de jeunes dans l’assemblée. Après une heure de débats et d’échanges, chaque table a procédé à une synthèse de ses discussions. La contrainte horaire, car deux heures cela est bien peu pour une réunion de ce type, a limité l’éventail des thèmes traités. Impossible d’aborder les quatre sujets « officiels » du Grand débat de façon approfondie.

Je ne veux pas faire ici une synthèse qui serait réductrice. Voici en vrac quelques-uns des sujets abordés : disparition des surfaces agricoles et forestières, avec l’évocation du projet néfaste d’Europacity (téléscopage avec l’actualité : le PLU de Gonesse est ce mardi retoqué, ce qui retarde peut-être définitivement ce « grand projet néfaste »…) ; les transports alternatifs ; les nuisances sonores, notamment celles de Roissy ; la pollution lumineuse des enseignes commerciales et de l’éclairage public ; les déchetteries et leurs trop grandes contraintes ; la nécessité de construire et de rénover thermiquement et phoniquement  les logements ; celle de l’équité face au fisc ;  la taxation des « GAFA » ; des services publics déshumanisés (là encore, ce mardi, le Défenseur des droits Jacques Toubon dresse, dans son rapport d’activité 2018, un tableau sombre des services publics français, de plus en plus réduits, éloignés des citoyens, complexes et difficiles d’accès….) ;  la ré-indexation des retraites sur les salaires ; la chasse à l’évasion fiscale ; la démocratie de proximité plutôt que des décisions prises très loin du terrain…. ; l’attachement à l’échelon communal, proche des citoyens ; la nécessité de dispositifs permettant la participation active des citoyens entre deux élections, conseil municipal de jeunes ou budgets participatifs ; un rôle pour le député suppléant, vrai relais du titulaire ; une vraie égalité hommes/femmes ; une loi sur l’euthanasie ; un débat sur le vote obligatoire… bref une grande richesse, pour cette « soirée citoyenne » inédite. GDN 14

Le souhait d’un grand nombre de participants à la sortie : que ce genre de réunions soit possible à Saint Gratien, en dehors des périodes électorales… Un nouveau projet à porter, pour les élus minoritaires que nous sommes ? Des élus de proposition, et pas seulement « d’opposition »…

7 réflexions sur “Soirée citoyenne aux Raguenets

  1. La Gazette du Val-d’Oise.
    Le Plan local d’urbanisme de Gonesse annulé par la justice, un revers pour EuropaCity
    Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise) a prononcé, mardi 12 mars, l’annulation du Plan local d’urbanisme de Gonesse.
    Dix associations avaient saisi le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, fin 2017, pour faire annuler le Plu de Gonesse. (©EuropaCity-Alliages & Territoires)
    Dans sa décision du mardi 12 mars, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a suivi les recommandations du commissaire enquêteur, qui avait relevé : « Les impacts environnementaux, la suppression des terres agricoles fertiles, une menace sur le ruissellement et les inondations, sur la préservation de la biodiversité, la qualité de l’air et la lutte contre le réchauffement climatique… D’une manière générale, l’ensemble de ses impacts ne sont que peu ou pas appréhendés dans le projet de Plu », avait souligné l’enquêteur public.
    L’avis du tribunal
    Pour rejeter le Plan local d’urbanisme de Gonesse, les magistrats de la 6e chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise se sont appuyés sur plusieurs remarques. Ils ont notamment relevé : « La révision du plan local d’urbanisme a, notamment, pour objet l’urbanisation de 248 hectares d’une terre agricole décrite comme particulièrement fertile, de sorte qu’elle bouleverse l’équilibre existant entre le développement urbain et l’utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ».
    « Si la commune met en avant les bénéfices économiques, les prévisions qu’elle invoque à ce titre, notamment en termes de créations d’emplois, sont remises en cause par l’analyse du commissaire enquêteur ».
    Mais aussi : « La construction de 500 logements nouveaux, entraînant une augmentation significative de la population exposée au bruit. »
    Le tribunal a surtout pointé : « un impact écologique très important, comme le soulignent ; l’autorité environnementale, le commissaire-enquêteur, la Chambre d’agriculture, ainsi que la commission départementale de la préservation des espaces naturels ».
    Enfin, « En ne présentant aucune alternative sérieuse à un projet de nature à affecter considérablement l’environnement, la commune a entaché l’élaboration du Plan local d’urbanisme d’une irrégularité ».
    Jean-Pierre Blazy, maire Ps de Gonesse, a été le premier à réagir à la décision de justice.
    « Nous contestons les moyens retenus par le Tribunal Administratif de Cergy et nous faisons appel de ce jugement », a-t-il déjà fait savoir.
    « Nous restons déterminés pour faire aboutir ce projet que les habitants du territoire attendent pour les transports, les emplois, l’attractivité économique et les activités culturelles et de loisirs », a-t-il affirmé.
    Du côté des opposants à l’urbanisation du Triangle de Gonesse, on se félicite de la décision de justice.
    Dix associations avaient saisi le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, fin 2017.
    « C’est cette saisine qui vient d’être tranchée par le juge administratif : l’ancien Plu, dans lequel les 299 ha sont classés agricoles, s’applique désormais », souligne le Collectif pour le Triangle de Gonesse (Cptg).
    En mars 2018, la même juridiction avait annulé l’arrêté préfectoral de création de la Zac du Triangle de Gonesse (L’État a depuis fait appel de l’annulation. La question doit être tranchée courant 2019 par la cour d’appel de Versailles). C’est à cet endroit que doit être construit le méga centre commercial et de loisirs EuropaCity.
    Porté par le groupe Auchan et le groupe chinois Wanda, EuropaCity prévoit de bétonner 80 ha d’excellences terres agricoles, et 299 ha en intégrant le centre d’affaires et la gare.
    Pour rendre ces parcelles constructibles, le conseil municipal de Gonesse avait adopté en septembre 2017 une révision de son Plu.
    « C’est donc la deuxième fois que la justice donne raison aux opposants au projet EuropaCity. D’autres recours doivent être jugés, notamment contre la délivrance par le préfet du permis de construire pour la gare de la ligne 17-Nord », complète le Cptg.
    Politique écologique
    Le maire de Gonesse tente désormais de convaincre les opposants : « Sur les 300 ha de la Zac, un tiers sera dédié aux espaces verts et agricoles. Les bâtiments prévus iront au-delà des normes haute qualité environnementale. L’agriculture représentera, à terme, encore plus du tiers du territoire communal. La procédure de Zone agricole protégée (Zap), permettant de préserver 400 ha d’agriculture (sur 700 que compte le triangle de Gonesse) sur la commune et Roissy-en-France, est lancée depuis plus de deux ans par la Ville et doit aboutir », promet-il.
    De leur côté, les membres du Cptg appellent à un nouveau rassemblement, aura lieu les 18 et 19 mai sur le Triangle de Gonesse. Plusieurs milliers de personnes y sont attendues.

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  2. C'est lui qui le dit

    L’animateur du débat a souligné le caractère atypique de la session organisée hier à Camille Claudel : un débat juste après les vacances scolaires qui a fait que bp de gens avaient déconnecté avec l’actualité, alors que jusqu’avant les vacances l’apetence pour le débat était très grand. Un horaire peu adapté aux gens qui travaillent et / ou ont des enfants à charge. Un format de 2h adapté pour traiter un ou 2 thèmes maximum. Pour traiter les 4 valait mieux démultiplier le nombre de séances.

    De façon générale, qqchose à organiser plus souvent yc en dehors des périodes électorales.

    Le cas de fosses ou le maire a lancé des la rentrée 2018 des ateliers sur le devenir de la ville en 2030 à été cité. Les thèmes du grand débat se sont naturellement insérés dans des sessions de debats qui se poursuivent depuis fin 2018.

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  3. Huit Français sur dix veulent que la démarche de grands débats se poursuive à l’avenir, selon un sondage
    45% des Français interrogés voudraient cependant que le processus soit plus léger à l’avenir, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et « Le Figaro ».
    Huit Français sur dix (79%) veulent que la démarche de grands débats nationaux se poursuive à l’avenir, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 14 mars, à la veille de la fin des débats en régions et à quatre jours de la clôture des contributions en ligne.
    Un peu moins de la moitié des personnes interrogées (45%) voudrait cependant que le processus soit plus léger à l’avenir. Un tiers (34%) souhaite en revanche que les futures consultations se déroulent à l’identique.
    La démarche de grands débats nationaux est plébiscitée toutes tendances politiques confondues. Sept sympathisants LR sur dix (71%) et autant du côté du Rassemblement national en redemandent. Du côté des sondés se disant proches de LREM, 78% d’entre eux sont favorables à la poursuite de la démarche. A gauche, huit PS sur dix (82%) et même près de neuf Insoumis sur dix (87%) y ont pris goût et veulent poursuivre.
    Des doutes sur la finalité du grand débat
    Mais cette appétence au débat n’empêche pas le doute quant à la finalité du processus. Plus des deux tiers des Français (68%) estiment que tout cela ne débouchera pas sur des mesures utiles pour le pays. Sept sondés sur dix (71%) estiment même que le grand débat national n’a pas été mené de façon indépendante du pouvoir et autant qu’il n’a pas permis d’appréhender tous les sujets.
    Ce sont les personnes proches de La France insoumise qui sont les plus sceptiques. Un seul sondé insoumis sur dix (9%) trouve le débat utile. Cette part s’est effritée tout au long du débat. Un quart d’entre eux (25%) en espérait des mesures début janvier. La proportion est à peine meilleure du côté du RN. 12% d’entre eux reconnaissent une utilité au processus, contre 14% il y a deux mois. A noter que huit Marcheurs sur dix (81%) n’ont aucun doute sur l’utilité du débat, ils n’étaient que 61% à son lancement.
    À noter qu’à l’heure du bilan, 18% des Français disent avoir contribué d’une façon ou d’une autre à cette initiative ou envisagent de le faire avant sa clôture. Au moment du lancement au mois de janvier, un tiers des Français (32%) avait envie d’y contribuer.
    Le pouvoir d’achat en tête des préoccupations
    Enfin, selon cette enquête, parmi les mesures qui pourraient être décidées à partir des contributions proposées par les Français, la réindexation des retraites sur l’inflation, la baisse de la TVA sur certaines catégories de produits et l’augmentation du Smic sont les plus fréquemment citées par les sondés. Ces trois mesures sont citées par plus d’un tiers des Français. Parmi les autres propositions, le rétablissement de l’ISF est mis en avant par un quart des personnes interrogées (24%).
    Dans le détail, il est à souligner que l’augmentation du Smic a la faveur de 46% des Insoumis, que l’instauration d’un quota d’immigration par pays arrive en tête de 37% des proches du RN. Enfin, la lutte contre la fraude aux aides sociales est dans le trio de tête du côté de LREM et de LR.
    Cette enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro a été réalisée par internet les 13 et 14 mars 2019, sur un échantillon de 1 004 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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  4. La Région Île-de-France veut tripler les déplacements à vélo
    VONews
    Partir au travail tous les jours en vélo, en Île-de-France, la route est encore longue. Alors que deux tiers des déplacements font moins de 3 km seulement, 2% des trajets quotidiens se font en vélo. La région Île-de-France a déjà investi plus de 64 M€ depuis 2016. L’objectif est de tripler le nombre de déplacements quotidiens effectués en bicyclette d’ici 2021.
    http://95.telif.tv/2019/03/14/la-region-ile-de-france-veut-tripler-les-deplacements-a-velo/
    Et chez nous ?

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  5. La Gazette des communes et le GDN : transparence et budget participatif…

    Les corps intermédiaires étaient invités à Bercy, mercredi 13 mars, pour la conférence nationale thématique « Fiscalité et dépenses publiques », organisée dans le cadre du Grand débat. Parmi les sujets évoqués par les groupes de travail, les finances locales, avec un plaidoyer en faveur de « l’autonomie financière et fiscale des collectivités ».
    (…)
    Sur le constat, les élus sont globalement unanimes pour regretter le « transfert de compétences de la part de l’Etat aux collectivités sans transfert de ressources équivalentes, la baisse des dotations et la réduction de l’autonomie financière des collectivités, les disparités dans la fiscalité locale (accentuée par l’absence de révision des bases depuis près d’un demi-siècle), la complexité de la DGF (qui manque de lisibilité et de traçabilité) », égraine Frédéric Cuillerier, représentant l’AMF, lors de la restitution des débats, en fin de journée. Ce à quoi s’ajoute la suppression de la taxe d’habitation, « LE problème aujourd’hui des collectivités locales » selon François Goulard, président du département du Morbihan, et qui suscite « beaucoup d’inquiétudes pour le maintien de la qualité des services publics existants » car « elle va ajouter à la perte d’autonomie fiscale et de gestion des collectivités », résume Frédéric Cuillerier.
    Des pistes consensuelles
    Un problème auquel « il n’y a pas de bonne solution, mais certaines pires que d’autres », poursuit François Goulard, évoquant la descente du foncier bâti des départements au bloc communal, piste qui tiendrait la corde pour la réforme de la fiscalité locale. Plutôt que de s’engager dans ce débat qui les divise, les associations d’élus ont plutôt misé sur des propos consensuels :
    • acte III de la décentralisation (car cela favorisera « l’échelle de proximité, [qui] est un gage d’efficacité des services publics et de l’action publique, et un gage de qualité pour nos concitoyens ») ;
    • renforcement de l’autonomie financière et fiscale des collectivités, via une reconnaissance constitutionnelle (avec une réserve des représentants du Medef, qui craignent une hausse de la fiscalité locale au détriment des entreprises) ;
    • une loi de finances spécifique pour les collectivités locales, qui définisse les flux financiers de l’Etat vers elles, dans un souci de transparence.
    • En contrepartie, les collectivités auraient pour obligation de « renforcer la transparence, la lisibilité et l’équité des projets et des budgets, au-delà de la seule sanction du suffrage universel », rapporte Frédéric Cuillerier. Il faudrait en outre « réfléchir au renforcement du lien entre l’usage et le financement (notion de redevance) du service public pour aller vers plus de sobriété, notamment en matière d’écologie ». Enfin, est également proposé, malgré quelques objections, de réserver, au sein des budgets des collectivités, des budgets participatifs.

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